Chouannes et vendéennes

En première ligne de cette guerre civile, les femmes de l’Ouest ne sont pas épargnées. Souvent aussi déterminées que leurs maris, nombre d’entre elles prendront les armes.

Madame de Bruc, épouse d’ un officier, fait partie des femmes qui, le 19 septembre 1793, à Torfou, partent au combat avec leurs hommes. Sentant que I’ Armée catholique et royale flanche devant l’armée de Mayence, les insurgés se replient dans leurs villages. Mais leurs femmes, conscientes que leurs ennemis ne tarderont pas à leur tomber dessus, reçoivent leurs hommes à coups de triques et de sabots, et les renvoient au combat. Mieux encore, elles se joignent à eux pour tenter de sauver leurs familles, vouées à l’extermination. C’est ainsi que des soldats en jupon, armés de simples bâtons pour la plupart, viennent renforcer les troupes vendéennes. Mme de Bruc part au combat avec un cheval et un sabre. Comme beaucoup de ces femmes, elle perdra la vie lors de cette bataille. Elles permettront tout de même aux Blancs de reprendre l’avantage.

Les femmes vendéennes se révèlent des guerrières intrépides

On trouve des femmes et des filles de conditions très différentes. De nobles dames, mais aussi un grand nombre de paysannes, de marchandes de volailles, de lingères

Pourquoi des femmes étaient-elles présentes dans cette sanglante bagarre ? La plupart d’entre elles y avaient été forcées par les circonstances parce qu’elles cachaient des prêtres réfractaires, parce que leurs époux ou leurs fiancés étaient partis au combat, ou parce que les Bleus étaient venus un jour brûler leurs manoirs et leurs fermes, elles avaient rallié l’armée des insurgés…
Parmi elles, on trouve des femmes et des filles de conditions très différentes. De nobles dames, mais aussi un grand nombre de paysannes, de marchandes de volailles, de lingères. Plutôt que de se faire guillotiner, fusiller ou noyer, elles préféraient mourir en combattant ou en soignant les blessés.
Certaines courent aussi les routes par simple goût de l’aventure, c’est très stoïquement qu’elles ont accepté de coucher sur une planche, sous un arbre, dans une étable, de manger, de dormir n’importe où. L’imprévu, le risque de se faire prendre, bien loin de les inquiéter, les exaltent.
Elles se révèlent des guerrières intrépides : Mme de Lescure, qui porte le pantalon bouffant des Bretons fait le coup de feu, comme n’importe quel cavalier. Pour venger son père torturé par les Bleus, une pâle et maigre fille nommée Renée Langevin a voulu servir chez les hussards. Au combat de Dol, elle devait abattre plusieurs adversaires. Souvent, il lui arrivait de dire sombrement: Je ne suis riche que de ma mort. Pourtant elle survécut, mais pour demeurer en prison jusqu’à la Restauration.

Les femmes donnent de multiples exemples de bravoures

Jeanne Giraudeau, patronne de l’auberge de La Croix d’Or, à Montaigu, voyant un jour son mari qui s’enfuyait, le ramena aussitôt sur le champ de bataille. Perrine Loiseau ne se fit sabrer qu’après avoir abattu trois Républicains. Mlle Regrenil, une jeune novice de vingt ans, ayant dû quitter le couvent des ursulines de Luçon devint « la hussarde » dans la bande de Bejarry. Elle montait le cheval d’un soldat ennemi qu’elle avait su désarmer.
Marie-Antoinette Adams, épicière à Puybelliard, combattait aussi à cheval, dans l’armée du Centre. Sa maison avait été brûlée et son mari, dont elle était séparée, était un ardent Républicain. N’ayant plus rien à perdre, elle manifestait une telle fougue au combat que ses compagnons l’avaient surnommée « le chevalier Adams ». Sa témérité devait lui être fatale. Capturée, les Bleus la fusillèrent.
Dans l’armée de Bonchamps, Renée Bordereau, vingt-trois ans, combattit six ans, reçut sept blessures. Capturée aussi, elle sauva sa tête, mais on l’enferma deux ans dans l’une des geôles du Mont-Saint-Michel…
A Legé, où Charette avait établi son poste de commandement, beaucoup de femmes et de jeunes filles étaient venues se mettre sous la sauvegarde de l’honneur vendéen.
Parmi les belles brigandes, les juments de Charette, c’est ainsi que les appelaient les Bleus, Mmes de La Rochefoucauld, de Bruc,du Fief, de Bulkeley et d’autres encore, se battaient héroïquement.
Certaines, comme la comtesse de Bruc, devaient être massacrées au cours des multiples combats qui journellement mettaient aux prises des adversaires également implacables. Des jeunes filles, les sœurs de Couêtus, Mlle de la Rochette, devaient être sauvées par le général Travot, après leur capture. En dépit de leur témérité. Mmes de Bulkeley et du Fief eurent aussi la chance de survivre…

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