La chute de Mussolini en 1943

Mussolini est abandonné par son roi

Mussolini est arrêté et incarcéré dans la petite île de Ponza
Hitler et Mussolini se rencontrent à Feltre le 19 juillet 1943. L’entrevue dure six heures, au cours desquelles le Führer tente de remonter le moral du Duce, très bas à la suite des revers militaires essuyés en Sicile. Il écoute Hitler sans réagir, se montre las et résigné, pousse de temps à autre un soupir. Le soir même, il regagne Rome, qui a été bombardée, ce jour-là, pour la première fois.
Le 16 juillet, Mussolini reçoit un groupe de dignitaires fascistes qui proposent qu’on réunisse le Grand Conseil fasciste, dont la dernière séance s’était tenue en décembre 1939. Il s’agit de faire le point sur la situation et de prendre des mesures énergiques pour remonter le moral de la population. Cette réunion, qui est prévue pour le samedi 24, doit regrouper, outre Mussolini, tous les dirigeants du Parti fasciste, dont De Bono, De Vecchi, Ciano, Grandi et Bottai. A 17 heures, le Duce, qui s’attend au pire, fait un préambule d’autodéfense. Il conclut en disant : « Quand une guerre tourne mal, elle est le fait d’un seul l’homme, mais elle est l’affaire de tous quand elle est victorieuse. » La discussion a commencé. Dino Grandi veut que le roi prenne le commandement des forces armées et que les pouvoirs institutionnels soient partagés entre la Couronne, le Parlement, le Grand Conseil et les corporations. Cette motion obtient 19 voix contre 7. Le comte Ciano a voté la motion.
A 17 heures, le 25 juillet 1943, Mussolini arrive à la villa Savoia pour rencontrer le roi. Les deux hommes entrent dans le salon. Souffrant, Mussolini lui fait remarquer que, d’après la loi, le vote du Grand Conseil n’a qu’une simple valeur consultative. Le roi réplique : «Non, cher Duce, le vote du Grand Conseil est terrible pour vous dans sa substance et ne vous faites plus d’illusions. »
Après un silence, le roi Victor-Emmanuel poursuit : «Cher Duce, cela ne va plus ! L’Italie est en pièces. L’armée est décimée et les soldats ne veulent plus combattre pour l’Allemagne. Le vote du Grand Conseil est décisif. En ce moment, vous êtes l’homme le plus détesté d’Italie. Je suis le seul ami qui vous reste encore. Ainsi, j’ai chargé le maréchal Pietro Badoglio de former le nouveau gouvernement. » Il est exactement 17 h 20 lorsque le roi raccompagne Mussolini au seuil de la villa. Très abattu, le Duce avance vers sa voiture, mais le chauffeur n’y est plus. Mussolini est arrêté par le capitaine des carabiniers Vigneri et enfermé dans une ambulance. Il est conduit à la caserne Podgora, puis dans une autre, via Legnano. Il est ensuite incarcéré dans la petite île de Ponza. Las et dégoûté, Mussolini est sans réaction. L’abandon du roi lui pèse lourdement sur le cœur.

Evasion de Mussolini le 12 septembre 1943

Les allemands libèrent Mussolini

Le capitaine Otto Skorzeny, couvert de médailles, spécialiste reconnu des opérations de commando, a reçu l’ordre du Führer de libérer Benito Mussolini. Informé par l’officier SS Kappler du lieu exact de détention du Duce, Skorzeny prépare un des plans les plus fous de la guerre. Il prévoit l’atterrissage sur une bande de terrain plat, située derrière l’hôtel Campo Imperatore, à l’altitude de 2 100 m, d’une douzaine de planeurs et d’une centaine des parachutistes. Afin de désorienter les carabiniers qui surveillent Mussolini, Skorzeny décide de se faire accompagner du général des carabiniers Soleti. Vers 13 h 30, les gardiens ont la surprise d’entendre les vrombissements de moteurs d’avions. Douze appareils, remorquant les planeurs, arrivent vers eux. La confusion devient totale parmi les carabiniers. L’atterrissage est difficile, étant donné la nature du terrain, mais se passe sans trop de dégâts. Le général Soleti, suivi de Skorzeny, ordonne aux carabiniers de ne pas résister. Benito Mussolini apparaît à la fenêtre de sa chambre et crie en italien et en allemand : « Ne tirez pas, ne répandez pas de sang ! » Le conseil du Duce est suivi aussitôt. Skorzeny pénètre dans la chambre du prisonnier. Le Duce prend ensuite place avec lui à bord d’un petit Fieseler-Storch, piloté par l’as Gerlach. L’avion roule, prend de la vitesse et plonge dans le vide.
Les Allemands ont aussi libéré l’épouse de Mussolini, maintenue en résidence surveillée avec ses enfants à Rocca della Caminate. Ils les ont conduits vers Forli, et un avion les a amenés à Munich où des chambres les attendaient à l’hôtel des Quatre-Saisons. Un officier lui a annoncé la libération de son mari et, quand ce matin Rachèle a vu Benito, elle fut bouleversée. Mussolini est d’une pâleur cadavérique et il flotte dans un vieux costume sombre.

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