70 000 Allemands attaquent à Verdun le 23 juin 1916

23 juin. A 6 heures, 70 000 Allemands jaillissent des tranchées. Les troupes d'assaut ont toutes reçu une carte représentant le champ de bataille de Verdun, puis in fine Paris. Le 27,Les Allemands ne réussissent pas à contrôler la crête Thiaumont-Froideterre : ils sont stoppés.

Attaque allemande dans le secteur de Fleury
Je n'oublierai jamais nos camarades atteints par les gaz nocifs se tordant de douleur en s'arrachant la poitrine, une mousse sanguinolente sortant de leur bouche. Les jours suivants, attaques et contre-attaques se succèdent. Il ne reste plus rien du village de Fleury, qui sera pris et repris seize fois entre juin et août (la dernière fois, ce sera le 18 août, par le régiment d'infanterie coloniale du Maroc).

Les Allemands attaquent et les lignes françaises fléchissent

Le 23 juin à 6 heures du matin après deux jours de préparatifs d'artillerie, avec obus asphyxiants qui avaient annihilé l'artillerie française

Le 23 juin à 6 heures du matin après deux jours de préparatifs d’artillerie, avec obus asphyxiants qui avaient annihilé l’artillerie française, la Ve armée allemande partait à l’attaque sur un front, ouest Douaumont, sud-est fort de Vaux, du bois de Nawé à la batterie de Damloup. Le 23 juin fut, a dit Pétain, une journée particulièrement critique.
L’attaque dévala en masse sur Souville et sur Fleury. Le front était très réduit, cinq kilomètres, ce qui donne la mesure de la puissance du coup de bélier. De plus, à proximité des emplacements de départ, à portée d’intervention immédiate, des unités de renfort s’entassaient dans le ravin de la Dame, dans les abris de Thiaumont, dans le ravin de la Caillette et dans le ravin du Bazil. Les réserves occupaient les abris du ravin de la Couleuvre, du fort de Douaumont et de la Fausse-Côte.
Par-delà la crête transversale de Fleury-fort de Souville, avant-dernière barrière en avant de Verdun, Falkenhayn et Knobelsdorf ambitionnaient d’atteindre la dernière crête au nord du noyau central, Belleville – Saint-Mihiel, qui domine Verdun, étalé au centre d’un vaste cirque, et surtout commande les passages de la Meuse. Si l’objectif était atteint, toutes les forces françaises de la rive droite pouvaient être acculées à la rivière en désordre et encerclées dans un gigantesque Sedan. Ce risque avait toujours été l’obsession de Pétain. Les heures de ce 23 juin seront longues pour lui.
Aux deux ailes, l’assaut fut contenu, à gauche à la sortie du bois de Nawé et à la cote 320, à droite à la sortie du bois Fumin. Mais au centre, les Bavarois et le corps alpin réalisaient une avance inquiétante. Les Bavarois enlevaient l’ouvrage de Thiaumont. A 9 h, Fleury, découvert à l’ouest par la perte de l’ouvrage, était pour moitié arraché par le corps alpin à la 130e division qui s’accrochait sans espoir à son extrémité. Le 121e bataillon de Chasseurs était anéanti. Dans les jours qui suivront, ce village de Fleury sera le théâtre de si furieux combats et recevra tant d’obus et de bombes, qu’il cessera d’exister pour toujours.
Sur la côte de Froide-Terre, l’attaque déborda la 129e division et la submergea. Les Bavarois encerclèrent un moment l’ouvrage. La crête transversale Fleury-fort de Souville fut atteinte, dépassée, des lisières du bois de Nawé à Fleury. Une brèche s’était ouverte à l’articulation des groupements D et E. Comment conjurer le péril ?
Au centre, le corps alpin n’avait pu déboucher du ravin de la voie ferrée et la 103e division allemande s’était brisée devant la résistance de la 307e brigade, en particulier du 407e régiment qui se fit hacher afin de couvrir Souville. Ce 407e, à l’effectif de 2 800 hommes le 21 juin, redescendit le 26 avec 1 200 hommes.

Le 23 juin 1916, la France a frôlé le désastre

Les mauvaises nouvelles affluent au quartier général de Pétain. Le bruit court même que des éléments avancés ont atteint les faubourgs de Verdun. Pétain reste calme:
Nous n’avons pas eu de chance aujourd’hui, nous en aurons plus demain.
Nivelle est plus nerveux, il rédige un ordre du jour destiné à provoquer un dernier sursaut chez les hommes fatigués qui défendent Verdun:
« L’heure est décisive, se sentant traqués de toutes parts les Allemands lancent sur notre front des attaques furieuses et désespérées dans l’espoir d’arriver aux portes de Verdun avant d’être attaqués eux-mêmes par les forces réunies des Alliés. Vous ne les laisserez pas passer, mes camarades !»
Pétain commence à envisager de nouveau sérieusement l’évacuation de la rive droite de la Meuse. Il ordonne de ramener certaines pièces d’artillerie sur l’autre berge du fleuve. Il craint que la poussée allemande ne bouscule ses troupes et que celles-ci ne doivent abandonner une partie de leurs précieux canons.
15 heures. De Bar-le-Duc, Pétain téléphone à Castelnau «pour l’éclairer, lui rappeler l’importance primordiale que nous attachions à la conservation des positions menacées, lui montrer que nous ne pouvions tenir le coup avec des «divisions de deuxième ordre». Je terminais, raconte Pétain, par ces mots réitérant à ce sujet mes instances quotidiennes: «Il faut avancer l’attaque anglaise».
 » J’obtenais aussitôt satisfaction sur le premier point et 4 divisions fraîches étaient mises à ma disposition. « 
Le «père Joffre» a donc très bien vu le danger. Lui, si avare de ses réserves, si obstiné à tout garder pour la Somme, consent à lâcher 4 précieuses divisions pour les envoyer au secours de Verdun. Pour les envoyer en enfer et à la mort.
Le 23 juin la France a frôlé le désastre.

L'offensive de la Somme sauve Verdun

Le 24 juin 1916, les premiers obus éclatent sur le front de la Somme. Ce sont les débuts de la préparation d'artillerie qui précède l'assaut.

Le 24 juin, les premiers obus éclatent sur le front de la Somme. Ce sont les débuts de la préparation d’artillerie qui précède l’assaut.
Ce jour-là, Mangin revient sur la scène de Verdun. Mangin qui est plus élégant que jamais. Mangin qui plus que toujours méprise la mort, la sienne comme celle des autres.
C’est à lui que sont confiées les divisions fraîches. C’est au cours des jours qui vont suivre qu’il acquiert le sinistre surnom de « boucher de Verdun ».
Mangin va, selon l’expression de Pétain, entamer une série de contre-attaques visant à dégager notre position de repli. Dans cette guerre absurde où il n’est plus question de stratégie, Nivelle et Mangin ne peuvent sans doute rien faire d’autre que d’ordonner ces contre-attaques. Elles sont sanglantes, meurtrières et souvent le résultat est nul. Les assauts se succèdent à un rythme accéléré.
Quatre le 24, contre Thiaumont, dans le ravin de Fontaines, à Voux-Regnier, à Fleury, sont autant de sanglants échecs. Nouvelle attaque contre Thiaumont le 25, sans résultat appréciable. Partout les Français se heurtent à des barrages mortels de mitrailleuses. Leur préparation d’artillerie est en effet nulle ou très insuffisante.
Tandis que devant Verdun se déroule une lutte confuse faite d’une multitude d’assauts locaux rappelant les batailles pour le Mort-Homme et la cote 304, Joffre et Haig mettent la dernière main à l’offensive de la Somme.
Celle-ci commence le 1er juillet à 10 h. 30.
Falkenhayn doit faire face à de nouvelles demandes de troupes, il doit répondre à l’assaut franco-anglais et signifie très fermement à Knobelsdorff qu’il a désormais à se débrouiller tout seul à Verdun. Mais Knobelsdorff n’est pas homme à renoncer. A force de raisonner, de supplier, de frapper sur la table, il finit par convaincre son chef de l’opportunité d’une nouvelle attaque sur Verdun.
Il prétend enlever la ville avec trois divisions.
L’attaque est fixée au 8 juillet.

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