La prise de Cholet pendant la guerre de Vendée

Durant plusieurs jours, c’est exclusivement dans le cadre de leurs paroisses respectives, sans relations entre elles et sans mot d’ordre préalable, sans autre armes que des fourches ou des bâtons ferrés, que se soulèvent paysans et artisans à partir du 12 mars 1793, date officielle du début de la guerre de Vendée.

A Beaupreau, le premier sans versé

C’est ans le cadre de leurs paroisses respectives que se soulèvent paysans et artisans à partir du 12 mars 1793, date officielle du début de la guerre de Vendée.

La nouvelle de la levée en masse arrive à Cholet un jour de marché, le samedi 2 mars 1793. Brouhaha, tumulte. Le lendemain, cinq ou six jeunes gens réunis à l’auberge déclarent : Si nous devons servir, nous servirons dans le pays ; nous refusons d’aller aux frontières.
Déjà des bousculades se produisent, des coups s’échangent ; des coups de poing en attendant les coups de fusil, ce qui ne va pas tarder. A Beaupréau, la garde nationale, voyant ses chefs menacés, tire ; trois des mutins tombent frappés à mort ; huit sont blessés, dont plusieurs mortellement. Premier sang versé dans la grande lutte qui va mettre aux prises la Vendée et la Convention. Il en coulera des torrents.
Le soulèvement s’est opéré sans chef. Quelques jours plus tard, déjà des chefs apparaissent, des chefs du cru. Voici Perdriau, caporal sous l’Ancien Régime ; il donne les premières leçons à un autre chef qui va faire parler de lui, Cathelineau. Cathelineau, voiturier au Pin-en-Mauge.
A Chanzeaux, c’est Forest qui prend la tête des rebelles. Il avait suivi dans l’émigration son maître, le marquis de Chanzeaux, et était rentré après la campagne de 1792. C’est Tonnelet, garde-chasse de Maulévrier, comme Stofflet. Demain, ce sera Stofflet lui-même.
Cependant, la colonne paysanne, fière de son succès, s’est précipitée sur les petits bourgs de Begrolles et du May. Les jeunes gens des paroisses limitrophes y sont déjà rassemblés ; ils ont copieusement pillé les maisons des patriotes. Jallais est submergé. Toute la contrée des Mauges se dresse contre la conscription. Les fonctionnaires qui veulent faire respecter la loi sont roués de coups. Le citoyen Duval, procureur-syndic du district de Saint-Florent, monté sur une chaise, essaie de calmer les jeunes gens. Il n’a pas achevé sa harangue qu’il se voit assailli, souffleté, jeté à terre. Le surlendemain, il remonte sur sa chaise ; il en est aussitôt renversé.
Que peuvent les cent cinquante gardes nationaux de Saint-Florent contre six mille manifestants ?
Au 12 mars, toutes les petits villes sont emportées ; bien peu ont échappé ; il reste debout Chemillé et Montjean. Montjean tombera sans fracas, le 14. Chalonnes ne sera pris que le 22 mars par Stofflet ; sa garnison saisie de panique ne combattra même pas, rendra ses armes.

La prise de Chemillé

La prise de Chemillé a été célébrée par certains historiens comme un événement extraordinaire. La bande qui s’est emparée de Jallais marche sur cette importante petite cité. Elle a conquis à Chalonnes le fameux canon Je Missionnaire qui va jouer désormais aux yeux des paysans le rôle de fétiche. Le canon prestigieux s’avance sérieusement encadré. Au premier rang de la troupe, les prisonniers ; parmi eux, un curé intrus, un juge de paix.
Perdriau et Cathelineau commandent la colonne. Un certain Bruneau, dit Six-Sous, ancien artilleur de marine, tourne une couleuvrine dont il vient de s’emparer contre les gardes nationaux. Un autre homme contribue à la victoire, l’abbé Barbotin, vicaire au Puy-la-Garde ; il amène ses paroissiens. rudes gars qui ne craignent point les coups. Le Vexilla Regis retentit au-dessus de la mêlée. Le capitaine Poirier, qui commande les gardes nationaux, menacé d’être pris entre deux feux, n’en lutte pas moins désespérément.
— A la baïonnette ! crie Cathelineau.
La baïonnette du Vendéen, c’est la faux emmanchée à revers, c’est le couteau de pressoir au bout d’un bâton, armes terribles et dont le seul aspect épouvante. Le choc est dur un grand nombre de Vendéens tombent, aux abords de la ville, mais Chemillé vaut bien de tels sacrifices.

Stofflet prend Cholet

Prise de Cholet par les Vendéens en 1793

La prise de Chemillé fait prévoir la marche sur Cholet. Le même jour, une masse de cinq à six mille hommes exaltés par Stofflet et Barbotin se dirige sur la capitale du pays des tisserands. Stofflet qui a vu, plein de colère, les gardes nationaux enlever du château de Maulévrier dont il a la garde, douze canons offerts au comte Colbert de Maulévrier par la République de Gênes, vient d’entrer dans la bagarre. Il ne restera pas au second plan.
L’armée s’avance sans ordre, à plein chemin, débordant sur les champs. En cours de route, on récite le chapelet, on chante des cantiques. La garnison de Cholet est commandée par le marquis de Beauvau, le seul noble des Mauges rallié à la Révolution. Il attend dans le manoir de Bois-Grolleau l’arrivée des Vendéens. Il comprend les impossibilités de victoire, quand il aperçoit à l’horizon la masse sombre de l’ennemi. Il veut battre en retraite il n’est plus temps précipitée en avant par son feu intérieur, l’armée vendéenne s’avance si rapidement qu’elle encercle de tous côtés les 400 hommes du marquis de Beauvau.
Quelques citoyens s’enferment dans le château, résolus à lutter jusqu’à la mort. Stofflet les somme de se rendre rendez vos armes et vous aurez la vie sauve. Ils préfèrent périr jusqu’au dernier. C’est la victoire c’est la joie délirante. Le tocsin de Notre-Dame et celui de Saint-Pierre appellent au pillage les communes voisines. Les paysans bourrent leurs poches d’assignats. Parmi les trophées, un canon dont les détonations les avaient, durant la bataille, fortement impressionnés. Ils le nomment le Brutal, en raison de son bruit et le placent à côté du Missionnaire. L’occupation de Cholet durera jusqu’au 15 octobre 1793.

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